L’internet face à la responsabilité parentale

La Délégation aux Usages de l’internet a fait paraître en septembre dernier son “baromètre des usages internet” centré sur l’utilisation des filtres logiciels pour la navigation sur internet. L’internet est un outil formidable de liberté. Mais comme avec toute liberté, celle de la révolution numérique ne vient pas sans responsabilité et devoir.

L’étude réalisée par Médiamétrie montre que si 87% des parents pensent l’internet dangereux, ils sont également 83% à ne pas avoir de logiciel de filtrage.

L’étude nous révèle également que le moyen le plus communément utilisé pour contrôler l’usage des plus jeunes une censure pure et simple :

L’objectif devient dès lors, non pas d’interdire l’accès des mineurs à Internet, mais au contraire de créer un environnement favorable au surf des plus jeunes. Une meilleure protection est possible grâce à l’utilisation de logiciels de contrôle. Or, encore près d’un parent sur trois ayant Internet à domicile ne connaît toujours pas aujourd’hui l’existence de ces logiciels.”

Cependant, si la démarche de la délégation part d’une bonne intention, les conséquences de la mise en place d’un filtrage systématique seraient dramatiques.

En premier lieu, installer un logiciel de filtrage, c’est absoudre de toute responsablité ultérieure les parents, qui seront ensuite enclins à blâmer les éditeurs logiciels.

De plus, les logiciels de filtrage sont une solution imparfaite. Bloquer un contenu bloque le plus souvent son contraire, et partant, filtrer tout contenu sexuel viendrait à empêcher les plus jeunes de se renseigner sur une prévention d’utilité publique. Si l’on ajoute à cela que les enfants sont souvent en avance par rapport à leur géniteurs, l’outil de protection risquerait bien de se retourner contre des parents mal préparés à affronter les réalités digitales.

On ne peut que s’inquiéter de la paranoïa qui entoure l’internet.
D’abord peu prises au sérieux par la communauté des internautes avertis, les rumeurs de l’internet comme un piège pédophile, 10 ans après la démocratisation du Web sont toujours présentes, et régulièrement exposées à la une des magazines.

Il faut faire la part des choses entre d’une part la réalité de l’internet — oui, les pédophiles existent et l’internet peut leur donner des moyens d’échanger photos et points de vue, voire à chatter avec des victimes potentielles — et l’attitude irresponsables de parents qui préfèrent mettre tous les maux de la terre sur le dos d’un outil de communication.

Prenons un exemple concret. Que vous disait votre mère quand, pour la première fois, vous rentriez de l’école tout seul ? “Surtout, ne parle pas au inconnu“, “N’accepte pas de bonbons de la part de gens que tu ne connais pas“. Pourquoi ces règles ne s’appliquerait-elle pas à la sphère numérique ?

Malheureusement, ce phénomène n’est pas isolé. Alors que l’opinion publique s’indigne de la censure de l’internet en Chine, elle s’émeut moins lorsque le mouvement commence déjà dans son propre giron démocratique.

En Australie, la campagne est déjà bien avancée. Sous couvert de protection paternaliste des enfants et publics sensibles, le Gouvernement a interdit à ses hébergeurs nationaux d’ouvrir leurs espaces au sexe, à la violence ou aux “contenus inappropriés”. Voir article de The >Age

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