Le droit d’auteur et les bibliothèques numériques

13 jan 2004

Avant tout chose, il semble important de définir ce qu’est une bibliothèque aujourd’hui. Selon le dictionnaire Larousse, une bibliothèque est un lieu, pièce ou établissement public ou privé, où une collection de livres, d’imprimés, de manuscrits… est conservée, consultée ou prêtée. Mais c’est surtout le lieu de démocratisation de l’accès à la connaissance et un outil de formation permanente. En effet, selon l’article 3 de la Charte des bibliothèques, « la bibliothèque est un service public nécessaire à l’exercice de la démocratie. Elle doit assurer l’égalité d’accès à la lecture et aux sources documentaires pour permettre l’indépendance intellectuelle de chaque individu et contribuer au progrès de la société ».
A l’heure où presque tout le monde a accès à Internet, et de fait, à la musique, aux films… et où un livre coûte en moyenne 6€, les bibliothèques conservent-elles cet esprit de démocratisation de l’accès à la connaissance ? Mais surtout, quelle utilité ont-elles ? Ainsi, face aux supports numériques, la bibliothèque doit conserver son rôle qui est de mettre à disposition des usagers un corpus intellectuel constitué. L’ouverture au numérique est une occasion de toucher un public non plus local, mais désormais national voire international. La création d’une bibliothèque numérique est limitée par le problème du droit d’auteur et par l’accès restreint du public à Internet.

Les bibliothèques conservent et communiquent au public des documents de toute nature protégés au titre de la propriété intellectuelle, c’est à dire du droit d’auteur et des droits voisins. Cette protection est remise en cause en France et à l’étranger du fait de trois facteurs :

  • l’évolution très rapide des modes de diffusion des œuvres entraîne une remise en cause des garanties comme des modalités de la protection accordée aux titulaires de droit et de l’exploitation de leurs œuvres ;
  • les possibilités d’accès et de transmission à distance, la circulation internationale de la documentation et de l’information, la dématérialisation des supports contraignent les pouvoirs publics aussi bien que les titulaires de droit à rechercher une harmonisation des législations et mécanismes de protection au plan international ;
  • le développement des libertés publiques et l’extension de leurs services suscitent chez les titulaires de droit des inquiétudes quant à la garantie de bonne exploitation économique des œuvres.

Il convient alors d’étudier l’application du droit d’auteur aux bibliothèques avant de voir son impact sur la création de bibliothèques numériques.


1 – Les bibliothèques et le droit d’auteur

Les bibliothèques ne dérogent pas aux règles générales du droit d’auteur. Toutefois, du fait de leur aspect de véhicule de démocratisation de la connaissance, elles bénéficient de certaines dérogations ; dues notamment à certains progrès qui remettent partiellement en cause le droit d’auteur (prêt, photocopie, et la numérisation qui entraîne la possibilité d’un accès à distance).

1-1- Les principes généraux du droit d’auteur

Le droit d’auteur en bibliothèque est géré à la fois par les principes généraux du droit d’auteur énoncés dans le Code de la Propriété Intellectuelle [D’une façon générale, « l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous [

  • condition de forme : on ne peut donc pas protéger une simple idée.
  • condition d’originalité [La propriété littéraire et artistique accorde différents droits qui se répartissent en deux principales catégories :

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    1. 2. La propriété intellectuelle, qu’est ce que c’est ? | jprosl1a3imus - 14 mars 2011

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