Le marché du disque: les chiffres de 2006

Audrey Drummond Audrey Drummond · 3 février 2007

Les chiffres du marché du disque de 2006 ont été présentés lors du Midem à Cannes: – 12,4%. Les ventes de disques poursuivent ainsi leur chute inexorable et la musique en ligne, pourtant en hausse, ne permet pas de compenser les pertes.

Le SNEP (syndicat national des éditions phonographiques) a fait état lors du 41e MIDEM d’un bilan très décevant pour les maisons de disques. La vente de disques a généré l’année dernière un chiffre d’affaires global (prennant en compte les ventes physiques et numériques) de 862,7millions d’euros, en baisse de plus de 10% par rapport à l’année dernière. Le chiffre d’affaires correspondant aux ventes physiques chute quant à lui de 12,4 % et passe ainsi à 819,2 millions d’euros. Les chiffres de 2006 se décomposent ainsi: les ventes de “singles” sont les plus affectées avec une baisse de 18,9%, baisse qui touche également les albums (-9,2%) et les vidéos musicales (-27,8%).

Le marché numérique atteint quant à lui 43 millions d’euros avec une hausse de 42%, décomposée ainsi: + 77% pour le téléchargement et + 36% pour les sonneries de téléphone mobile; mais cette hausse ne permet pas de corriger le tir.
Le marché numérique du disque ne représente en effet que 6% du marché total.

Le développement du peer-to-peer illégal est bien sûr le responsable de cette nouvelle crise du disque. Mais ces chiffres sont d’autant plus difficiles à accepter pour les majors que ceux de 2005 laissaient prévoir une nette amélioration.

Interrogé par Le Figaro, Stéphane Bourdoiseau, président de l’UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants) et du label Wagram s’inquiète de la survie des labels indépendants. Il estime qu”une catastrophe culturelle menace la musique” et interpelle les candidats à la présidentielle sur l’avenir de la musique francophone et sur la question de son financement. Il propose la mise en place d’une taxe à la charge “des entreprises des nouvelles technologies qui profitent le plus de la musique” (entreprises dans le domaine des télécommunications et de l’hi-tech), taxe qui permettrait de rééquilibrer la répartition de création de valeur permise par la musique entre les différents acteurs: distributeurs, diffuseurs, producteurs et artistes.

Cette mesure, accompagnée de la création en 2006 du crédit d’impôt pour la production phonographique, devrait permettre à la musique francophone de remonter doucement la pente.
Sources:

TORREGANO Emmanuel, Une catastrophe culturelle menace la musique, lefigaro.fr ,19 janvier

ASTOR>2007 Philippe et DUMOUT Estelle, Toujours moins de CD vendus en 2006, zdnet.fr, 22 janvier

LES>2007 DOSSIERS DU SNEP, Le marché français, les chiffres 2006 , disqueenfrance.com

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