Comment penser l’Europe numérique : prospective industrielle et économique

M2DTNSI

Résumé de la conférence du 07 mars 2016 organisée par le master spécialisé Management de Projets Technologiques de l’ESSEC et Paris Télécom.

Comment penser l'europe numérique

Le Marché Unique Numérique

Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, commence par présenter le Marché Unique Numérique comme une nécessité économique. De plus, le Marché Unique Numérique pourrait être le premier pas vers l’autonomie numérique de l’Union Européenne. En effet, selon elle, la révolution informationnelle étant le futur de l’économie elle représente une opportunité à ne pas manquer pour définir une politique européenne commune.

Gilles Babinet, Digital champion (rapporteur national non gouvernemental auprès de la Commission européenne), insiste également sur cet enjeu. Il faut dépasser les clivages nationaux pour lancer une véritable dynamique numérique en France. A l’heure actuelle, la France est dans la moyenne européenne (cf indice DESI 2016). Pourtant ce déficit d’attention, de volonté politique, à l’âge de l’information pourrait se traduire par un retard conséquent. Il appelle donc à « refondre l’action politique dans la révolution digitale ».

Corinne Lepage approuve cette intervention et prend l’exemple du retard qu’a la France dans l’e-administration qui illustre, selon elle, le conservatisme du pays dans le domaine du numérique.

Et Gilles Babinet d’ajouter qu’il a collaboré à un rapport de Corinne Lepage nommé « Pour l’économie du nouveau monde ». Ce rapport énoncerait les conditions pour la mise en place d’une « économie connectée, territorialisée et au service du bien-être ».

La Sécurité : Autre thème abordé lors de cette conférence, il est centré sur une technologie qui fait beaucoup parler d’elle : la Blockchain.

Gilles Babinet définit la Blockchain comme « une technologie distribuée qui permet de réaliser des transactions numériques de confiance ». Cependant il reste encore des problèmes de consommation d’énergie, de rapidité et de gouvernance à régler.

De plus, les besoins actuels ne nécessitent pas cette technologie souligne le représentant de The Family, l’incubateur français.

Néanmoins, selon Corinne Lepage, cette technologie permettrait d’assurer la confiance essentielle à la pérennisation de l’économie numérique. En outre, elle s’inscrit bien dans la révolution numérique, une rupture profonde qui change les rapports de l’Homme au monde qui l’entoure, puisqu’elle induit une nouvelle organisation politique et sociale.

Ulrike Steinhorst, VP du groupe Airbus, insiste également sur l’apport que cette technologie pourrait avoir dans le futur avec le développement de l’Internet des objets (technologie qui va créer une nouvelle demande en termes de sécurité).

Gilles Babinet rebondit sur la question de la sécurité et la traite sous le prisme de la souveraineté. Aujourd’hui les sociétés sont particulièrement exposées aux virus informatiques. La souveraineté évolue et s’est déplacée de l’armée, au PIB puis à la sécurité numérique. On le voit bien quand on observe les sommes investies par les entreprises du CAC 40 dans le budget sécurité numérique (qui restent très inférieures à celles des entreprises américaines). La définition d’un modèle de cryptage européen serait utile puisque la sécurité numérique n’a de sens que si chacun est impliqué. Il faut donc normaliser les actions au niveau européen.

Pour conclure, Corinne Lepage décrit le monde numérique à venir comme plein d’opportunités et de solutions à imaginer. Mais ré affirme son attachement aux valeurs humanistes qui doivent, selon elle, guider cette révolution.

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