IPv6 à la racine !

L’IANA (Internet Assigned Numbers Authority IANA : Organisation américaine dont le rôle est la gestion de l’espace d’adressage IP d’Internet et d’autres ressources partagées comme les numéros de ports.
a déclaré à la fin de l’année 2007 qu’elle allait ajouter des adresses IPv6 à quatre serveurs racines DNS.

Les serveurs DNS offrent un service qui est la base de l’Internet : la résolution de noms. Pour faire simple, c’est un système qui permet d’établir une correspondance entre une adresse IP et un nom de domaine. Pour communiquer, les ordinateurs connectés à un réseau IP, par exemple Internet, possèdent tous une adresse IP qui se présente sous la forme de 4 blocs de chiffres compris entre 0 et 255 (Ex 213.186.33.19). Il n’est évidemment pas simple pour nous, êtres humains, de retenir ce numéro lorsque l’on désire accéder à un site web ou à un ordinateur situé sur Internet. C’est pourquoi nous utilisons les noms de domaines (ex : www.e-juristes.org) pour visiter un site web, et ce sont les serveurs DNS qui font la liaison entre ce nom et l’adresse IP dont notre ordinateur a besoin.

L’utilisation d’un serveur DNS offre également d’autres avantages, comme la possibilité de changer d’hébergeur et donc d’adresse IP sans que les visiteurs en subissent les désagréments puisqu’ils accèderont toujours au site web par son nom, qui lui restera identique. Il est également possible de faire de la répartition de charge très simplement ou d’utiliser d’autres astuces de ce protocole mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’à partir du 4 février 2008 il sera enfin possible d’effectuer des communications entièrement IPv6, résolutions de noms comprises. La plupart des domaines de premier niveau (.fr, .be, .com, etc.) ayant déjà des serveurs “IPv6 ready”, cela ne changera rien pour l’utilisateur lambda mais c’est une bonne nouvelle pour le déploiement de l’IPv6. Jusqu’à présent, seules les adresses IPv4 étaient présentes dans la zone racine à cause d’une limitation historique de la taille des requêtes DNS. Avec ce changement au niveau du protocole, nous pourrons tester que tout fonctionne en IPv6 de bout en bout (accès internet en IPv6, requêtes DNS pour trouver l’IPv6 des serveurs, accès aux serveurs en IPv6).

Pour ceux qui ne réalisent pas l’urgence qu’il y a à passer en IPv6, il faut rappeler que selon les estimations, les dernières adresses disponibles en IPv4 devraient être distribuées d’ici deux à quatre ans selon la croissance d’Internet. Et que l’adressage IPv6, qui offre des milliards de fois plus d’adresses, n’est pas compatible avec l’IPv4, ce qui nécessite une migration.

L’urgence de migrer peut sembler étrange sachant que dans le pire des cas il reste quand même deux ans. Cependant, l’IPv4 qui a été défini en 1981 est en œuvre depuis de nombreuses années. Il est utilisé dans tout l’internet et on connait bien ce protocole, comment il réagit face aux montées en charges, aux énormes trafics, aux pertes d’informations et autres aléas du réseau. Pour l’IPv6, qui date tout de même de de décembre 1998, on est loin du compte. En effet, peu de trafic sur les liens internet, les gros sites Web et les internautes utilisent IPv6, ce qui ne permet pas de réaliser de vraies montées en charge. Et la majorité des ingénieurs réseau n’ont que peu ou pas travaillé avec ce protocole.
Il est donc indispensable que nos FAI et Hébergeurs proposent tous leurs services en IPv6 rapidement. Cela laisse dans le meilleur des cas 4 ans et dans le pire 2 ans pour valider tous les cas de figures…

Si rien n’est fait, il sera beaucoup plus difficile pour un nouvel opérateur (FAI, fournisseur de contenu, hébergeur…) de se mettre en place et aux autres de continuer leur activité. Nous encourons également le risque de ne plus avoir chez soi d’adresse IP publique mais une adresse IP privée, avec toutes les difficultés que cela pose pour les flux en temps réel, la visiophonie, la VoIP (SIP), les protocoles de chat, etc…

Heureusement les quelques annonces qui ont été publiées dans le milieu ces derniers temps, nous laissent penser que nous devrions assister en 2008 à une réelle démocratisation de l’IPv6. Enfin !
Source :

– IANA : Discussion of Supporting IPv6 in the Root Server System

Compléments :

– Annonce sur arstechnica Rapport sur les problèmes qui peuvent apparaître IPv6 ou l’échec du marché Brève dans laquelle son auteur fait une analyse rapide sur le pourquoi de la non adoption de l’IPv6

Nicolas Pujol

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