L’administration électronique renforce les grandes “Lois” du service public

Les « grandes lois du service public » dites « Lois de Rolland » constituent l’ensemble des principes fondamentaux applicable à tous les services publics, qu’elles soient exercées par des personnes publiques ou privés et quelque soit leur caractère administratif, industriel ou commercial ( TC Bac d’Eloka 1921 ). Ces « lois » constituent le noyau dur du régime juridique de service public et introduisent trois grands principes : principe d’égalité, de continuité, de mutabilité. Mais la montée en puissance très rapide de l’administration électronique dans notre pays depuis une dizaine d’années répond t-elle toujours aux principes fondamentaux auxquels chaque service public doit se soumettre dans l’intérêt des administrés ?

 

Les « grandes lois du service public » dites « Lois de Rolland » constituent l’ensemble des principes fondamentaux applicable à tous les services publics, qu’elles soient exercées par des personnes publiques ou privés et quelque soit leur caractère administratif, industriel ou commercial ( TC Bac d’Eloka 1921 ).

Ces « lois » constituent le noyau dur du régime juridique de service public et introduisent trois grands principes :

  • Le principe d’égalité : Le Conseil Constitutionnel l’a érigé en principe à valeur constitutionnelle dans le cadre d’une activité à intérêt général le 27 juillet 1982. À situation identique, les usagers doivent tous bénéficier des mêmes prestations. Tout traitement différent doit donc être justifié par une situation spéciale. L’égalité de traitement : toute discrimination entre usagers est exclue tant dans l’accès au service que dans l’usage. C’est une extension du principe d’égalité devant la loi établi dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il ne peut être dérogé au principe d’égalité. Pour des raisons d’intérêt général et dans le respect de la loi, les différences de traitement sont possibles, mais elles ne doivent, en aucun cas, être arbitraires ou discriminatoires. L’instrument de mesure de ces différences de traitement passe par la proportionnalité entre les moyens utilisés et les buts visés.
  • Le principe de continuité : En principe, un service public doit fonctionner de manière continue et régulière, sans autres interruption que celles prévues par la réglementation en vigueur. Ce principe a une valeur constitutionnelle (décision 25 juillet 1979). En effet, c’est parce que la puissance publique lui reconnaît une importance particulière, sur le plan social, qu’un service est considéré comme appartenant à la catégorie des services publics. Il répond à un besoin essentiel (celui des usagers) qui doit être satisfait en permanence.
  • Le principe de mutabilité : L’adaptabilité ou mutabilité du service est la condition nécessaire pour suivre l’évolution des besoins d’intérêt général. Ce principe indique la nécessaire adaptation de l’activité du service public selon les variations de son environnement (en l’espèce la montée en puissance de l’e-administration) et les variations de l’intérêt général soit des usagers (ces usagers étant la source des changements des modes de fonctionnement du service public). Cette condition justifie donc les mutations qui interviennent régulièrement dans les services publics, qui doivent s’adapter tant aux progrès de la technique qu’à l’évolution de la demande soc.De plus, ce principe oblige le service public à s’adapter lorsque l’intérêt général le commande (CE 1902 Compagnie Nouvelle du gaz de Deville-lès-Rouen). En conséquence, l’usager ne peut pas s’y opposer. Cette condition justifie les mutations qui interviennent régulièrement dans les services publics, qui doivent s’adapter tant aux progrès de la technique qu’à l’évolution de la demande sociale. Ces principes dits « classiques » sont essentiels au fonctionnement du service public et concernent les administrés et usagers du service public.

Cependant, une nouvel élément est apparu depuis la démocratisation de l’Internet (fin des années 1990) et est venu perturbé ce schéma classique auquel doit se soumettre chaque service public :

  • la naissance de l’e-administration (ou administration électronique) : C’est l’ensemble des technologies et des usages liées à la possibilité de s’informer, d’être orienté mais aussi de réaliser des démarches administratives, via les services en ligne (Internet, centres d’appels) avec des avantages conséquents tels que la rapidité, la souplesse ou encore la simplicité.

L’administration en ligne se traduit notamment par :

• un accès aux informations publiques, que ce soit pour l’administré, le citoyen ;

• des services en ligne facilitant les démarches : formulaires en ligne, téléservices, téléprocédures ;

Quelques chiffres :

Les français ont témoigné un véritable engouement pour l’e-administration depuis quelques années. La France à l’heure actuelle se place à la 7e place du palmarès européen avec 70% de ses services public accessibles en ligne selon une étude publiée par Capgemini de septembre 2007, pour le compte de la Commission européenne. Ce seuil est de 58% en Europe. Les Français plébiscitent surtout la télédéclaration des revenus, le changement d’adresse en ligne et les demandes d’envoi d’extraits d’actes de naissance. Près d’un Français sur deux a utilisé les services publics en ligne en 2007, selon le ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique. Trois quarts des internautes ont utilisé un des services administratifs en ligne. Le taux de satisfaction concernant la qualité de l’information et la simplicité d’utilisation s’élève à 80%. 85% ont même déclaré qu’ils retourneront sur les sites pour effectuer de nouvelles démarches.

Mais la montée en puissance très rapide de l’administration électronique dans notre pays depuis une dizaine d’années répond t-elle toujours aux principes fondamentaux auxquels chaque service public doit se soumettre dans l’intérêt des administrés ?

 

L’e-administration répond et renforce la conception traditionnelle des grandes « lois » du service public.

A. L’e-administration à travers ses outils et son processus de modernisation du service public répond de façon plus adéquate aux grandes « lois » du service public

L’environnement de l’e-administration est caractérisé par quatre grandes stratégies :

– stratégie financière : Réduire les coûts et des déficits et se traduit par la mise en œuvre des sustèmes de e-procurement (mise en oeuvre des techniques du commerce électronique aux marchés et achats publics), mutualisation des investissements… 

– stratégie de croissance : elle consiste à utiliser les technologies de l’information comme un effet de levier pour proposer de nouveaux services. Cette objectif se traduit par des initiatives autour des technologies de l’internet (services multimédia, culturels…).

– stratégie de recherche d’efficience : il s’agit d’optimiser les processus internes : c’est-à-dire déterminer le coût de la réussite des transformations envisagés et de le comparer aux résultats du processus mise en œuvre. Ex : téléprocédures internes, gestions des connaissances, des interconnexions des systèmes d’information

– stratégie de recherche de proximité : il s’agit de rapprocher le service public des citoyens-usagers-consommateurs. Cela se traduit par des portails d’information, de services déportés (bornes Internet, cyberguichet…)

Ainsi la e-administration à travers ces objectifs tend à la modernisation de l’administration. Cela doit aboutir à deux étapes majeures :

  • Faciliter l’accès des citoyens à l’administration par l’Internet
  • Moderniser le fonctionnement de l’Etat en mettant l’administration en réseau

Ces deux étapes sont essentielles pour que l’administration « classique » dite aussi « papier » présentant de nombreuses lacunes laisse la place à la e-administration, seule apte à répondre au mieux aux trois grandes principes du service public. Comment ? Par l’utilisation de la souplesse et la variabilité offerte par l’outil informatique. Seule l’administration électronique offre véritablement les outils nécessaires permettant à chaque service public de : s’adapter aux besoins des usagers (mutabilité) ; de faire en sorte que le service public fonctionne de façon continue sans aucune interruption (continuité) et de faire en sorte que l’application des règles soient la même pour tous (égalité).

Ainsi en quoi la e-administration et ses outils « interactives » répondent-ils mieux aux Lois dites « de Rolland » par rapport à l’administration « classique » ?

1 -Principe d’égalité devant le service public :

– La généralisation de la numérisation et la mise en ligne des données publiques Ex : www.legifrance.com (beaucoup plus pratique que de se déplacer à la mairie, à la préfecture pour obtenir des renseignements surtout pour les usagers ayant des problèmes de mobilités tels que les personnes du troisième âge ou les handicapés)

– Faire migrer les services minitel de l’Etat vers Internet ce qui rend leur accès quasi gratuit pour les usagers car la consultation est possible partout (bornes Internet dans mairies, université…). Exemple : www.pagesjaunes.fr (les services minitel présentaient des coûts qui pouvaient être exorbitants et répercutés sur la facture téléphonique)

– Rendre l’administration accessible par voie électronique. Exemple : Système des newsletters des différents sites en ligne des services publics tel que sur le site suivant : http://www.vie-publique.fr/ (l’usager est ainsi informé en temps réel par la simple inscription sur un site pour obtenir les dernières informations relatives à l’actualité politique, économique, sociale et internationale…) (CF DOC POWERPOINT)

 

2 -Principe de mutabilité du service public :

– Dématérialiser les procédures administratives (déclaration et règlements des cotisations sociales, Impôts, marchés publics). Exemple : http://www.impots.gouv.fr Possibilité de déclarer ses revenus, payer en ligne, d’accéder à son compte .Beaucoup plus pratique pour les usagers, mieux encadrés et disposant d’un délai plus important que par courrier ainsi que d’une réduction de 20 Euros par contribuable depuis 2005. Plus de 7,5 millions de contribuables français ont rempli leur déclaration de revenus via Internet en 2007.

– Equiper les services en relation avec le public de points d’accès gratuits à l’Internet ( postes, mairies…). Cela facilite les démarches administratives ou autres (information, culture, correspondance) des usagers ne disposant pas d’une connexion chez eux. Exemple : Le service Paris Wi-Fi, mis en place par la Mairie de Paris et la Région Ile de France, offre la possibilité de se connecter gratuitement à l’Internet Haut Débit sans fil, via 400 bornes réparties dans plus de 260 lieux municipaux : jardins, mairies, bibliothèques ou encore musées de la Ville. http://www.paris.fr/portail/Economi… avec liste des points d’accès par arrondissement.

– Mise en place de sites à caractère « professionnel » et répondant aux besoins personnalisés de certaines catégories d’usagers : www.anpe.fr

 

3 -Principe de continuité du service public :

– L’amélioration de l’accès de l’usager aux services publics, puisqu’elle lui offre un accès permanent à distance et des démarches facilitées. L’administration électronique en effet ne connaît pas le droit de grève et hormis un problème de serveur interne du service, chose rare étant donné les moyens et les sécurités mises en place dans ces services, les services publics proposés via Internet continueront à être disponible à tous les usagers quelque soit les évènements extérieurs imaginables (grève). Ainsi un site disponible 24/24h et actualisé répondra mieux aux attentes recherchés par l’usager qui souhaite savoir quels sont les transports disponibles un jour de grève qu’un guichet ou les salariés sont en grève. Exemple : www.abcdtrains.com est le site de la SNCF disponible 24/24h et actualisé tous les jours et permettant de fournir les informations aux usagers sur le trafic en cas de perturbation.

S’il est vrai que la e-administration dans son essence répond naturellement aux grands principes du service public, il n’en demeure pas moins que c’est par la nouvelle relation qu’elle établit avec l’usager que l’administration électronique donne véritablement tout son sens à chacun de ces principes.

 

B. Une administration électronique plus proche de ses usagers et répondant mieux à leurs besoins et à leurs attentes : une meilleure prise en compte de l’intérêt général

La tendance actuelle de l’administration consiste à aller au devant de l’usager, à chercher à le connaître, à comprendre ses besoins réels, à le satisfaire individuellement.

En effet, non seulement l’administration électronique tente de rapprocher les usagers et les fonctionnaires mais elle amène l’administration à se tourner vers l’usager, à se rapprocher de lui, à l’étudier, à chercher à comprendre ce qu’il souhaite, ce qu’il peut faire et ne pas faire, et quelles sont ses limites (moyens informatiques, temps disponible) ainsi que ses attentes (satisfactions attendues, critères de bon résultat, de bonne fin). Cela répond tout à fait à la logique du service public : réaliser un optimum social dans le but notamment de satisfaire les besoins de la collectivité. La France s’est donc orienté vers une administration plus proche des usagers et répondant au mieux à leurs attentes. Ces nouvelles exigences nécessitent évidemment une réforme de l’organisation et des méthodes qui concourent à la simplification des formalités et des procédures administratives. Les services publics doivent s’adapter (principe de mutabilité) aux nécessités mais de quelle façon ?

Les services publics électroniques peuvent, enfin, répondre aux besoins « des usagers », et non pas de l’usager. Cela revient, et c’est parfaitement possible, à distinguer des catégories d’usagers en fonction de leurs besoins réels, de leurs attentes propres et de la reconnaissance de leur satisfaction (ou de leur mécontentement).

Il faut donc que l’administration électronique et les programmes de mise en oeuvre des téléprocédures s’adaptent aux besoins réels des usagers : ces derniers deviennent alors des « clients » dont on va rechercher les attentes précises. Cela passe par la recherche des conditions de matérielles et psychologiques la meilleure satisfaction des usagers en leur permettant l’accessibilité à l’ensemble des services publics.

Comment cette recherche de l’attente des besoins précis en matière d’e-administration des usagers des services publics s’observe t-elle ? A travers les 3 « grands principes classiques » du service public :

1 -Le principe de mutabilité, répondre au plus près aux besoins de chaque catégorie d’usager :

Ce principe peut être compris par l’administration électronique d’une manière qui répond au plus près des besoins, des capacités et des possibilités des usagers. Cette compréhension est bien sûr déjà mise en œuvre dans certains secteurs importants des services publics : l’éducation, les aides sociales, les accompagnements de toutes sortes qui apportent aux jeunes, aux personnes âgées, aux handicapés les aides nécessaires et indispensables dont ils ont besoin. Les services publics montrent ainsi qu’ils peuvent s’adapter à des besoins précis en fonction de la catégorie d’usagers visée. L’e-administration utilise pour atteindre son objectif consistant à répondre au mieux aux attentes de chaque catégorie d’usagers la richesse des programmes qui peuvent être soumis aux usagers en ligne et la très grande souplesse des outils informatiques. L’e-administration permet donc une adaptation constante aux besoins de chaque catégorie d’usagers, voire de chaque usager en tant qu’individu.

– Face à la désertification des zones rurales et à la fermeture de services publics de proximité, administratifs mais aussi services de santé (hôpitaux locaux), d’éducation (écoles et collèges) et services d’utilité publique tels que les services postaux, l’e-administration est une solution indispensable en réponse aux attentes des populations rurales : elle répond par la mise en œuvre des « guichets uniques » Le développement des téléprocédures et téléservices accessibles via le téléphone et internet, accompagné d’un plan d’équipement du pays en réseaux haut débit (voire très haut débit) est présenté comme la solution technologique moderne qui va désenclaver les territoires isolés. Le système du « guichet unique » a été expérimenté ici et là sous diverses appellations (Maison des services publics, Points-Villages, PIMMS, …), qui ont préparé le terrain pour les « Relais Services Publics » dont le label vient d’être lancé en août 2006.

– Adaptation aux besoins d’une catégorie précise d’usagers : les handicapés. Au terme de la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, l’article 47 précise que les sites Internet de l’administration doivent être, sous peine de sanctions, accessibles à toutes les personnes en situation de handicap. Le projet ADELA (ADministration ELectronique Accessible) a comme objectif de participer au développement d’une e-administration accessible à toutes les personnes handicapées. Dans cette optique, le projet ADELA a lancé au printemps 2005 un questionnaire en ligne (www.adela.fr) auprès des personnes handicapées sur le thème « les personnes handicapées et Internet : réalités et besoins ». L’objet était de déterminer la réalité en France et en Belgique des personnes handicapées face à Internet et à ses services, et en particulier à propos des services administratifs en ligne. Ce projet étudie ainsi les moyens et les conditions d’accès aux informations électroniques de la e-administration par les personnes handicapées ainsi que leurs usages des e-services. Cette étude scientifique est menée dans le cadre de l’appel d’offre du Ministère de la Recherche et des Nouvelles Technologies sur les « Usages de l’internet ». L’objectif de l’enquête : comprendre les besoins mais aussi déterminer les conditions nécessaires, obligatoires et discriminantes permettant ou empêchant les personnes handicapées d’utiliser pleinement les services électroniques en ligne. Pour beaucoup de personnes handicapées, Internet pourrait en effet constituer un outil d’intégration dans la société. Synthèse du rapport ADELA a été publié le 21 juillet 2005 : http://www.accessiweb.org/_reposito…

 

2 -Le principe de continuité du service public : Vers une meilleure satisfaction des usagers

S’il n’est pas véritablement observé au sein des services publics « classiques » (à cause des grèves notamment autorisés en règle générale sauf exceptions tels que période de crise, guerre : CE Heyriès 1918), ce principe peut être parfaitement observé dans le cadre des services publics électroniques. Puisque le traitement informatisé traite l’essentiel des « formulaires électroniques » utilisé dans le cadre des téléservices/téléprocédures, une grève sans service minimum, n’affecterait que les cas marginaux. En effet, les machines de l’administration électronique ne possèdent pas le droit de grève. On peut donc en déduire que l’administration électronique renforce l’application du principe de continuité. En quoi le principe de continuité est renforcé ? Le service public grâce à la e-administration est accessible en permanence alors que les services publics « traditionnels » ne le sont pas forcément. La principale cause de rupture de continuité possible ? La grève, les accidents, les travaux, intempéries…Pour pallier à cette situation pénalisante pour les usagers, en cas par exemple de perturbations des moyens de transports publics, la RATP et la SNCF ont mis en place des moyens permettant de tenir au courant les usagers 24h/24. La Charte pour une prévisibilité du service public de transport en période de perturbations établi par le ministère des transports et signé le 4 juillet 2006 par l’UTP (Union des Transports Publics) met en avant les moyens nécessaires en faveur des usagers : Afin de donner une meilleure information aux voyageurs en cas de perturbations, les moyens déployés sont les suivants :

  • alerte par les médias dès qu’une perturbation importante est prévue, par exemple en cas de grève
  • 48h avant, diffusion d’une information sur les services qui devraient fonctionner (itinéraires, horaires etc.) dans les gares, stations, points de vente par voie d’affichage et de sonorisation
  • mise à disposition d’un numéro de téléphone gratuit
  • recours au site Internet, SMS, courrier électronique pour les abonnés : www.ratp.fr ou www.abcdtrains.com
  • un serveur vocal peut actualiser l’information.

Un guide juridique éponyme en deux parties est établi dans le même temps pour les usagers : http://www.equipement.gouv.fr/IMG/p… http://www.equipement.gouv.fr/IMG/p…

Cela ne peut aussi que renforcer la satisfaction des usagers pour un service public accessible en permanence : le rapport MARTIN-LALANDE de 1998 avait deja soulevé un argument de poids avec « L’absence d’horaires des structures en ligne » : En effet, la majorité des services sont accessibles de jour comme de nuit : 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 ce qui améliore considérablement la prestation de service public et redonne surtout une crédibilité à sa mission de servir l’intérêt général. L’’administration électronique améliore donc l’accès de l’usager aux services, puisqu’elle lui offre donc un accès permanent à distance et des démarches facilitées. C’est pourquoi l’administration électronique renforce la continuité du service et permet de consacrer une logique nouvelle de service à l’usager.

 

3- Le principe d’égalité : Favoriser l’accès des services publics au plus grand nombre

Ce principe est respecté voire renforcé dans le cadre de la e-administration. En effet, « les programmes informatiques ne se laissent pas influencer par des considérations de nature politique ou affective » Georges Chatillon, Maître de conférences à l’Université Paris-I . De plus, l’administration électronique représente un plus : elle lutte efficacement contre la fracture numérique qui existe en France en apportant des solutions à l’inégalité des citoyens devant le service public. Quels sont les instruments mis en place pour favoriser l’accès du plus grand nombre à l’administration en ligne et à tous ses services ?

– L’existence des téléservices et téléprocédures, dont le mouvement a été insufflé par le projet ADELE 2004/2007 dont l’objectif était de permettre entre autre une égalité d’accès à tous. ADELE, ADministration ELEctronique 2004/2007 : Logo : un ae entouré, dans le style de l’arobase, défini par l’ADAE, présenté par le Premier Ministre M. Raffarin. Coût : 1,8 milliards d’euros avec 140 mesures dont numéro téléphone unique (géré par une société privée), carte d’identité électronique, moins de papier, JO devient électronique, carte de vie quotidienne, nouvelle carte Vitale, procédures via Internet, achat public, gestion des changements d’adresse, etc… http://www.april.org/articles/diver… Bilan : Le plan Adèle lancé pour les années 2004-2007, est réalisé à 92 %, selon Marc Meyer de la DGME (Direction générale de la modernisation de l’Etat). Au nombre des nouveaux services aux usagers, on trouve : le numéro d’appel unique 3939 « Allo Service Public », le portail de changement d’adresse, le service personnalisé « mon.service-public.fr », la Carte de vie quotidienne, la dématérialisation de l’état civil, la carte nationale d’identité électronique, la carte Vitale 2, le dossier médical personnel, la télé-procédure « instruction intégrée du RMI », la pré-inscription en ligne aux concours du ministère de l’Intérieur, le signalement d’une perte ou d’un vol de carte Vitale, l’enregistrement départemental des demandeurs de logement HLM, les portails de l’enseignement technique agricole, l’inscription en ligne aux permis de navigation intérieure et de plaisance, le portail Santé et Social, les Relais Services publics, le service emploi entreprise, la dématérialisation des procédures d’achat public, le numéro d’identification de l’entreprise en ligne, la collecte de données des enquêtes de branches du ministère de l’Agriculture, l’accès aux informations des dossiers de l’agriculteur du ministère de l’Agriculture, les rapports d’incidents pour les marchandises dangereuses, la dématérialisation de la procédure de gestion globale des garanties, la mise en ligne des demandes d’injonction de payer et des demandes d’autorisation de transports exceptionnels…

– Politique d’installation de sites publics ou de sites d’accès publics qui peuvent prendre des formes variables. Exemple : L’installation de points d’accès publics à l’Internet (PAPI) dans les lieux ordinaires de la vie des quartiers, en s’appuyant sur les structures existantes les plus motivées : L’exemple le plus frappant est la ville de Brest. Avec 53 points d’accès publics à Internet « PAPI », la connexion des 36 écoles primaires et l’accès gratuit dans chacune des bibliothèques de quartier, les mairies, les équipements de quartier et les associations ont tissé un réseau de proximité qui permet aux Brestois de s’initier à internet. http://www.mairie-brest.fr/cnt/papi.htm# avec une cartographie précise des PAPI.

L’initiative à la base est européenne avec le Plan d’Action e-Europe 2005, résultant de la Stratégie de Lisbonne. La Commission Européenne le 28 mai 2002 recommandait aux Etats Membres des actions en faveur de l’inclusion sociale, notamment par une action spécifique pour le développement des « PIAP (Public Internet Access Point) » équivalent des « PAPI » (Point d’Accès Public à Internet).Ce plan a fait ses preuves même si cela reste encore marginale. Les analyses confirment le rôle important des PAPI : 8% des internautes européens tirent avantage des PAPI avec des taux plus élevés dans les pays développés technologiquement parlant : Finlande (24%), Danemark (21%), Suède (18%) et Pays-Bas (16%). Les données confirment également l’attractivité des PAPI pour les personnes désavantagées, c’est-à-dire à bas revenus, demandeurs d’emploi et personnes retraitées. L’attractivité est potentiellement plus large : 61% des européens, 87% des internautes indiquent qu’ils pourraient être encouragés à utiliser les PAPI 3/4 d’entre eux disent que cela dépendrait d’une localisation publique appropriée.

– La création de lieux dédiés spécifiques tels que des « maisons de services publics ». Le concept de « maison des services publics » luttant contre la désertification du territoire répond non seulement au principe de mutabilité mais aussi à l’égalité à l’accès de tous aux services publics. Ce concept, formulé par la loi du 12 avril 2000, prévoit un regroupement de l’ensemble des services publics en fonction d’un type d’utilisateur (citoyens, PME, grandes entreprises, collectivités, etc…). Ces structures accueilleraient des infomédiateurs dont le rôle serait d’offrir un service de guichet unique banalisé aux usagers. Ainsi les personnes isolés comme les personnes ne disposant pas de d’équipement ou des connaissances nécessaires pourront avoir accès aux mêmes services que les internautes. Il en existe 350 aujourd’hui sur tout le territoire. Site de la DIACT (Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires ) : Dossier et cartographies des MSP disponibles sur le site de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) : http://www.diact.gouv.fr/datar_site…

Exemple des MSP de la ville d’Ajaccio : Pour mieux répondre à l’attente des usagers : http://www.ajaccio.fr/index.jsp?e=6…

Il est donc possible d’affirmer que l’administration électronique confirme voire renforce la pertinence des trois grands principes qui gouvernent l’activité des services publics en apportant une solution aux lacunes de l’administration traditionnelle, lente et bureaucratique, cette même administration qui se trouve ancrée dans l’inconscient collectif de plusieurs générations de français, l’exemple le plus frappant demeure la vision de cette même administration caricaturée avec beaucoup d’humour dans le dessin animé « Astérix et les 12 travaux » .

Tweet about this on TwitterShare on Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.