La protection des données personnelles sur la toile, un nouveau business

Que ce soient par les réseaux sociaux, les multiples programmes de fidélité, les inscriptions obligatoires, ou encore les « sites de géo-localisation », nos données personnelles foisonnent sur le net. En effet, les internautes, volontairement ou non, délivrent en masse des informations sur leurs coordonnées, leur famille, leur personnalité, leurs activités, leurs envies.

Une aubaine pour les recruteurs qui utilisent pour la moitié d’entre eux ces informations pour sélectionner les candidats aux États-Unis ((Étude menée aux États-Unis par Harris Interactive, pour le compte de CareerBuilder, en juin 2009, auprès de 2 667 cadres recruteurs et professionnels des ressources humaines.)). Une aubaine pour les entreprises qui peuvent librement commercialiser ou s’échanger nos données personnelles. Une aubaine également pour les publicitaires qui peuvent désormais cibler notre personnalité et nous couvrir de mails quotidiens, déterminés à combler nos désirs. Sans oublier les cambrioleurs qui peuvent désormais faire leur choix et repérer les lieux directement sur la toile, et bien d’autres avec d’aussi bonnes intentions.

Bien sûr, il existe des moyens pour lutter contre ces intrusions, ou de faire valoir son droit à l’oubli. En vertu de la loi du 6 janvier 1978 ((Loi informatique et liberté du 6 janvier 1978, article 39 et suivants.)), « toute personne physique justifiant de son identité a le droit d’interroger le responsable d’un traitement de données à caractère personnel en vue d’obtenir » la communication des données à caractère personnel qui la concerne.

Dans un délai de deux mois à compter de la réception (d’une lettre recommandée avec accusé de réception), l’organisme est tenu de faire parvenir ces informations. En cas de refus ou de silence, reste la saisine de la Commission Nationale Informatique et Libertés qui peut intervenir ((Article 94 du décret du 20 octobre 2005 pris pour l’application de la loi du 6 janvier 1978 modifiée.)).

Pour une majorité, ce processus peut s’avérer long et complexe, si tant est qu’il ne soit pas méconnu.

Face à un sentiment d’insécurité grandissant sur le web, certains ont pressenti la potentialité d’un marché de la protection des données personnelles.

Pour la modique somme de 9,90 euros par mois, le site internet ReputationSquad.com propose à ses utilisateurs un rapport mensuel détaillé de sa présence sur Internet, avec un système d’alerte lorsqu’une information négative est repérée. Pour la suppression de telles informations, il faudra compter 29,90 euros par mois. ReputationSquad.com cible également les parents anxieux en proposant un service de surveillance de l’e-réputation de leur enfant ou de leur adolescent.

Mais le service ne s’arrête pas à la protection des données personnelles, et propose aux internautes le passage à « l’ère du marketing personnel ». Au programme la création d’une image positive sur Internet, et un « conseiller-image » à disposition pour bâtir votre stratégie de présence sur Internet… Aucune limite à cette prestation, sauf peut-être son prix. Il faudra débourser 99 euros par an pour se construire une nouvelle e-réputation résistant à toutes les épreuves du web.

Nettoyeur du web, un métier qui s’annonce donc très prometteur !

Anne-Laure Vojique

Anne-Laure Vojique est étudiante de la promotion 2010 du Master 2 Droit des nouvelles technologies de l’Université Paris-X Nanterre.

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