Le logiciel libre, un rempart éthique et technique face à la concentration des services en ligne ?

Ce document est le résultat d’un travail réalisé dans le cadre du master. Il s’agissait d’un sujet libre, en rapport avec le droit de la propriété intellectuelle. D’autres seront progressivement publiés ici ! Il est téléchargeable au format PDF.

INTRODUCTION

C’est un poncif que de dire que l’ère numérique est sujette à une mutation constante. Plongé dans ce monde qui ne ressemble déjà plus à celui d’hier et qui dessine à peine les contours de celui de demain, nous assistons tous assez passivement à cette fuite en avant vers le « plus » sinon vers le « mieux ». Réaliser plus vite des solutions matérielles et logicielles qui seront plus performantes, plus rapides, plus petites. Créer des espaces de stockages qui contiendront plus de données et toujours découvrir des nouvelles données à y ranger. Imaginer aussi des concepts plus addictifs, pour que l’on y passe plus de temps et que l’on consomme plus. Ce monde que nous connaissons est peut-être, plus que tout autre, le monde de tous les possibles. Les réalisations récentes ont à ce point bouleversé la vie des individus qu’il est réellement difficile, aujourd’hui, de se projeter avec certitude dans l’avenir. La plus fine des prospections permet tout juste d’entrevoir l’infini des possibles et rien ne peut faire plus saliver le technophile que de se perdre dans les méandres de ces imaginations qui seront bientôt réalité. Pourtant, s’il est un domaine dans lequel le futur est incertain mais potentiellement peu enthousiasmant c’est bien celui de la liberté des individus à l’aune de l’évolution des nouvelles technologies. La société de l’information telle qu’elle est constituée recèle en effet en elle-même les ferments de dérives graves, ferments dont les graines sont plantées dans un terreau désormais fertile qu’il convient de traiter avec la plus grande précaution. Comment ne pas frémir en relisant quelques grands classiques de l’anticipation qui touchent si incroyablement bien du doigt les possibilités liberticides des temps modernes ?

C’est certain, il n’y aura pas trop d’esprits pour se pencher sur la question et pour réfléchir aux meilleures solutions à mettre en œuvre pour s’assurer que jamais les dérives constatées ne transforment irrémédiablement la société. L’un des biais, qu’on étudiera ici, est celui du recours au logiciel libre ou plutôt celui de la question de la capacité des logiciels libres à protéger les individus de ces dérives. Le mouvement du logiciel libre, qui s’ancre dans une philosophie de la liberté, se présente en effet comme un contrepoids peut-être efficace contre les tentatives d’enfermement des techniques comme des individus. Face à la concentration des services en ligne qui se cache sous des noms barbares (SaaS) ou imagés (Cloud Computing, ou informatique dans les nuages) et qui sait rendre des soins si utiles il convient de se demander si le modèle victorieux du logiciel libre parvient, ou parviendra à s’adapter et à s’imposer de nouveau.

À l’appui de cette démonstration, on privilégiera un raisonnement à la fois simple et peu conventionnel. Peu conventionnel parce que face à la complexité du contexte dans lequel s’inscrit cette problématique il serait illusoire de vouloir définir les termes du sujet dans une introduction, aussi étoffée soit-elle. On privilégiera ainsi un raisonnement linéaire, expliquant l’évolution de la consommation du logiciel, détaillant les enjeux et dangers actuels, éclairant la philosophie et la mécanique du logiciel libre et concluant sur les constructions et solutions libres concrètes qui existent aujourd’hui. Si l’on évoquera les entreprises, associations et administrations, on comprend qu’elles ne sont pas l’objet essentiel du propos tenu dans le présent document. Il est en effet ici question de démocratie et de liberté, en opposition à des dérives techniques aux relents totalitaires et à des mécanismes d’enfermement d’autant plus pernicieux qu’ils sont déconnectés de toute intention de nuire. En d’autres termes, il est question de l’individu et de sa place dans une société d’information qui fait la part belle aux contenus et aux données, y compris personnelles. De sa place, de la place qu’il devrait occuper et de celle qu’espérons-le, il n’occupera jamais.

PLAN

I – Les mutations de la consommation du logiciel, vecteur d’un glissement potentiellement néfaste des sociétés

A) De la carte perforée à l’application en ligne, les quatre mutations du logiciel

1 – Le logiciel : du bien physique au service en ligne
a] Le mouvement de désolidarisation du logiciel de son support
b] Vers une dématérialisation complète du logiciel : le service en ligne

2 – Le logiciel : mobilité et interaction sociale
a] Le logiciel à l’ère du mobile
b] Une ère de partage social

B) L’atmosphère délétère entourant ce nouveau paradigme numérique

1 – Vers une pleine soumission à des règles d’utilisation rédigées par quelques géants
a] La constitution de monopole qui confine les communautés dans des galaxies fermées

b] Des règles qui troublent l’image du droit de la propriété intellectuelle

2 – Une dérive aux relents totalitaires
a] Une collecte oppressante des données personnelles qui mène à l’atrophie de la vie privée
b] Le phénomène des cocons informationnels : vers la fin d’un internet d’ouverture et de découverte ?

II – Le logiciel libre garant de la liberté des individus

A) Théorie générale et apport du logiciel libre

1 – Le logiciel libre : une histoire, des licences
a] Où l’on comprend (enfin) la philosophie du logiciel libre

b] Où l’on évoque les licences libres

2 – Le logiciel libre : une philosophie, des réussites
a] De l’idéologie à la mécanique

b] Les grandes réussites du logiciel libr

B) Les logiciels libres de services en ligne qui forment un écosystème riche mais insuffisamment utilisé

1 – Des logiciels méconnus qui remplacent efficacement les solutions propriétaires
a] Quelles solutions pour quelle efficacité ?

b] Quelques exemples de logiciels libres de services hébergés

2 – Le logiciel libre, un rempart efficace à condition de surmonter quelques derniers obstacles
a] Peut-on publier un logiciel libre sur une plate-forme de téléchargement d’applications mobiles ?
b] Démocratiser des solutions logicielles parfois peu accessibles

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Ancien président de l’association du Master.
Passionné par les nouvelles technologies, les problématiques de la communication et du partage sur Internet, les mots et les expressions.
Blogueur régulier.
http://www.maxchouzier.fr

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