Le point sur la quatrième licence 3G

Tout commença par l’annonce du plan Besson 2012, qui prévoyait 154 actions dont celle d’un appel à la candidature prévu début 2009, basé sur trois objectifs : « favoriser la concurrence, valoriser au mieux le patrimoine immatériel de l’Etat et assurer la meilleure couverture possible du territoire ». Deux propositions furent avancées par le gouvernement : la première, un lot de fréquences de 10MHz à un nouvel opérateur plus un lot de 5MHz pour le plus offrant, la seconde, trois lots de 5MHz ouvert à tous mais en privilégiant un seul entrant… Mais la question fait débat : plusieurs opérateurs sont intéressés mais seul Free est candidat. Et bien que sa candidature aitt déjà fait l’objet d’un refus par l’ARCEP l’année dernière, celui-ci réitère cette année.

Cependant la question de l’opportunité d’une quatrième licence est à poser. Selon certains il ne serait peut être pas opportun de faire entrer un nouveau concurrent en attribuant cette licence, cela pourrait en effet déstabiliser les marchés et remettre en jeu l’équilibre concurrentiel qui existe actuellement. En outre, il n’y a peut être pas suffisamment de place pour qu’un concurrent s’installe sur le marché et qu’à terme celui-ci se positionne de manière égalitaire avec ses concurrents Orange, SFR et Bouygues . Il est vrai que la mise en place de ce quatrième opérateur pourrait sembler intéressante. De prime abord, et en tant que consommateur, on peut espérer une baisse des prix, ce qui semble être probable à court terme. Seulement, considérant la situation des FAI, on peut penser qu’après une certaine durée, des fusions s’opèrent à nouveau et que le nombre d’opérateur 3G retombe à trois. Il y a peut être une raison au refus de l’ARCEP…

Les fêtes terminées le gouvernement relance le dossier. A la suite de la réunion ministérielle du lundi 12 janvier, le premier ministre François Fillon décide d’opter pour la seconde solution, à savoir l’attribution de trois lots de 5MHz chacun. Les deux premier lots de 5MHz seront ouverts à tous les opérateurs, quels qu’ils soient (c’est-à-dire aussi aux opérateurs SFR, Orange et Bouygues). Seul le dernier lot sera ouvert et réservé à un nouvel entrant. Reste donc une petite chance pour Free…

Il est intéressant de voir qu’avec cette proposition les opérateurs déjà présents sur le marché peuvent renforcer leurs positions en remportant l’appel d’offre proposée par l’ARCEP dès fin février. Et ainsi s’assurer une place encore plus imposante sur le marché.

En ressort une certitude, il y aura un nouvel entrant sur le marché. Selon une interview réalisée par le site internet  « PC impact », Mr Lombardini, directeur de l’Iliad, semble ravi de cette décision gouvernementale. Il précise cependant « qu’il faudra au moins 18 mois après l’attribution des fréquences pour pouvoir réellement se lancer ». Le site conclut qu’il faudra attendre 2010 voire 2011 pour voir un réel impact sur les prix et donc sur la concurrence.

Autre problème qui avait soulevé des oppositions dès la genèse de l’attribution de la 4ème licence, celui de l’atteinte au principe d’égalité. En effet les opérateurs actuels ont été tenus par l’Etat de remplir certaines obligations, notamment concernant la couverture du territoire. Face à l’entrée d’un nouvel opérateur, l ‘UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes) « proteste énergiquement contre cette mesure, qui exonère d’emblée le nouvel entrant de tout respect du service universel et des contraintes d’aménagement du territoire. Free pourra donc se concentrer sur les seules zones urbaines à haute valeur ajoutée, laissant aux trois autres opérateurs (Orange, SFR et Bouygues) les contraintes d’une couverture nationale. »

Un dernier enjeu cette fois plus social a aussi été soulevé : celui de la perte d’emploi. On peut en effet dire qu’une perte d’emploi à court terme est envisageable, cependant, très rapidement, cette perte sera compensée par la création de nouveaux emplois du côté du nouvel opérateur.

L’objectif de Free est clair : conduire à la baisse des prix que Mr Lombardini estime beaucoup trop élevés. Et dans une interview réalisée sur BFM le 13 janvier, il cite l’Autriche qui propose des forfaits mobiles, où pour 30 euros par mois, il est possible de bénéficier de 15h de communication ! Face à de tels arguments, tout consommateur sera favorable à l’arrivée sur le marché d’un quatrième opérateur : comment ne pas se montrer sceptique ? Reste à voir si cette volonté gouvernementale va atteindre ses objectifs, la réponse dans quelques années !!!

Tweet about this on TwitterShare on Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.