Le .xxx revient sur le devant de la scène

La question de la création d’un TLD catégoriel pour les sites pornographiques refait de nouveau surface.

Après avoir rejeté la proposition de création d’un .xxx en l’an 2000, l’ICANN avait finalement autorisé sa mise en place en tant que sTLD (Sponsored Top Level Domain destinés à « caractériser l’activité de l’organisation qui les gère, ils ne sont pas ouverts à tous mais fixent des conditions d’accès aux requérants, ou des conditions techniques d’utilisation concernant leur contenu » (1) en l’espèce c’est la société ICM qui devrait remporté le marché) en juin 2005 mais face à l’opposition de l’administration Bush et aux réticences des milieux conservateurs particulièrement aux Etats Unis, cette question avait été supprimée de l’ordre du jour de la réunion du conseil d’administration de l’ICANN à Vancouver (nov-dec 2005) à la dernière minute, officiellement, du fait d’un manque de temps pour analyser le rapport de 350 pages relatives à l’ouverture de cette extension.

Après l’avoir de nouveau rejetée en mai 2006 à 9 voix contre 5 l’ICANN a publié le 05 janvier 2007 sur son site une version révisée du contrat avec ICM visant à réguler le .xxx, cette nouvelle version est disponible en ligne sur le site de l’ICANN (2) est ouverte aux commentaires jusqu’au 05 février 2007 (3). Après cette date prendront place les discussions interne à l’ICANN sur l’éventuelle adoption de cette extension de domaine.

Cette question de la mise en place d’une extension pour les sites à caractère pornographique avait entraînée une levée de boucliers de la part d’association américaine et de lobbys militant pour la protection de la famille comme le Family Reseach Council, ces derniers voient dans la création du .xxx l’apparition d’un « red light virtuel » qui amènerait « la justice a considérer le problème des contenus obscènes comme résolu, et donc à moins les combattre »(4).
Cette vision est battue en brèche par les partisans de ce sTLD qui, de leur côté, rappelle que le but principal d’une telle extension reste une meilleure et plus rapide identification des sites pornographiques ce qui permettra d’éviter les erreurs dans la saisie des noms de domaine et une meilleure protection de l’enfance via les logiciels de filtrage.

Pour appuyer ce projet ICM Registry a d’ailleurs fait des propositions afin d’« interdire la pornographie infantile, d’exiger une identification claire des sites afin de bien informer le visiteur égaré, d’interdire la fraude commerciales, d’interdire l’envoi d’email non sollicités … » (5) mais se propose aussi de favoriser le développement de produit favorisant la protection de l’enfance tels que des filtres.
Il faut aussi noter que les noms géographiques, religieux et culturels seront bien entendus réservés et insucceptible d’être déposés sous cette extension.

On peut toutefois s’interroger sur la véritable efficacité d’une telle solution, les noms de domaines en .xxx coûteront aux alentours de 60€ soit beaucoup plus cher qu’un gTLD (TLD générique), de même on imagine mal les sites pornographiques existant changer d’extension pour passer du .com au .xxx, ce qui entraînerait sans aucun doute une baisse de leur trafic.
Faudrait-il alors ouvrir uniquement le .xxx aux sites pornographique et leur interdire l’accès au .com ? Le TLD n’ayant pas de frontière faudrait-il alors une définition universelle de la pornographie ? Et si oui quelle conception favoriser ?

En tout état de cause, la question de la création du .xxx a surtout permis aux différents acteurs du monde de l’internet de s’élever une fois de plus contre l’ingérence des pouvoirs publics américains dans l’ICANN alors même qu’elle clame son indépendance vis à vis des Etats Unis et que de nombreux pays réclame que la gestion de l’internet ne soit plus confiée à l’ICANN mais à une organisation internationale.
On peut alors se demander si le changement de majorité au sein du Congrès américain a-t-il un quelconque rapport avec l’ouverture de consultation sur un contrat de régulation de ce TLD.

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tld

(2) http://www.icann.org/announcements/announcement-05jan07.htm

(3) xxx-icm-agreement@icann.org

(4)Patrick Trueman , juriste du Family Reseach Council

(5) http://www.icann.org/tlds/agreements/xxx/child-safety-05jan07.htm

Sources :

DomaineInfo / ICANN / Zdnet / Vudunet / E-juristes.org

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