L’incidence du web 3.0 et 4.0 sur la cybercriminalité

Ce document est le résultat d’un travail réalisé dans le cadre du cours de droit pénal des NTIC. Différents sujets ont été traités par les étudiants, dont celui-ci n’est qu’un exemple parmi d’autres, publiés ou bientôt publiés sur e-juristes. Le document est téléchargeable au format PDF.

Introduction

La numérisation, la convergence et la mondialisation permanente des réseaux informatiques entrainent de profonds changements dans la société de l’information. A l’heure actuelle, une grande partie de la population est connectée à Internet et utilise au quotidien les outils informatiques. Les réseaux sociaux et les blogs permettent aux internautes de s’exprimer et de partager de l’information. Les moteurs de recherches permettent l’accès à une masse de données considérables allant du simple site de rencontres, au site de propagande de la terreur.

La cybercriminalité désigne l’ensemble des infractions pénales commises à partir des réseaux informatiques. Elle regroupe des infractions très diverses en lien avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication ou avec les systèmes de traitement automatisé de données. Plus largement, ce terme désigne à la fois, différentes catégories d’activités criminelles allant de la criminalité « traditionnelle » adepte de l’escroquerie en ligne et de la falsification de documents jusqu’à la diffusion de contenus illicites, notamment des contenus pédopornographiques, ultraviolents ou protégés par le droit d’auteur, en passant par les infractions propres aux réseaux informatiques telles que le piratage, les cyberattaques et le déni de service. Les expressions Web 3.0 et web 4.0 ne sont pas clairement définies. Il s’agit de termes utilisés en futurologie à court et moyen termes pour désigner le développement futur du World Wide Web, les prochaines transformations majeures que connaitra Internet.

Ainsi, nous utilisons actuellement le Web 2.0. Au-delà de l’aspect marketing, ce terme désigne l’Internet liant les personnes (blogs, forums, réseaux sociaux…) qui succède à la première version du Web 1.0, née il y a plus de 20 ans, celle liant les pages Web entres elles, à partir d’hyperliens. Donc, le Web 3.0 est la prochaine transformation majeure d’Internet.

Bien que ce terme ne soit pas clairement défini, pour beaucoup il s’agit de l’Internet des objets (IdO), ou encore du web sémantique. Le Web 4.0 quant à lui, poursuit le développement d’Internet et pourrait, d’une certaine manière, être ce que certains utilisent déjà, le Cloud Computing ou l’informatique dans le nuage.

Néanmoins, il ne s’agit que de suppositions de spécialistes, l’avenir le dira. L’unique certitude est qu’une fois encore, cette nouvelle évolution d’Internet, ouvrira au passage, une brèche par laquelle certains délinquants seront tentés de passer. Dans ce rapport, le web sémantique, l’Internet des objets et le Cloud Computing seront largement traités, il convient donc d’en donner leurs définitions et leurs sens. L’Internet des objets va permettre aux objets du quotidien de disposer d’une connexion sans fil à Internet à partir de puces (RFID) capables de collecter et transmettre un flux de données. Si, de nos jours, un internaute moyen dispose d’au moins deux objets1 connectés à Internet, il pourrait en avoir sept en 2015. A l’échelle planétaire, cela reviendrait à près de 25 milliards de dispositifs avec une connexion sans fil, voir le double en 2020.

Les objets connectés pourraient être de toutes sortes, comme les voitures, les téléphones, les appareils électroménagers, les vêtements et même les aliments. Une fois de plus, l’aspect marketing sera important, les gens auront envie de bénéficier de nouveaux services sans pour autant que la sécurité soit garantie. Par exemple, la machine à café pourrait s’allumer le matin en fonction de l’heure où sonne le réveil. Une voiture connectée qui ferait un accident pourrait alerter les secours qui se rendraient sur place. Un cran au-dessus, un homme « connecté » à Internet pourrait être surveillé à distance. Dit comme cela, il est vrai que l’on pourrait penser aux bracelets électroniques des délinquants en liberté conditionnelle et se demander quel est l’intérêt pour le consommateur. Or, le concept attire, certains développent actuellement des puces pour les humains, munies d’accéléromètres elles pourraient alerter les secours en cas de chute à la maison ou d’arrêt cardiaque.

Le Web sémantique est l’Internet des machines qui formalisent, traitent et peuvent utiliser de manière autonome les données qu’elles hébergent grâce à un système de Métadonnées et à l’interconnexion des écosystèmes de données déjà existants et ceux à venir. Les applications devront s’affranchir des paramètres de supports, des différents systèmes d’exploitation (Windows, Linux…) et de tout matériel. Il s’agirait d’un web « intuitif » et pragmatique qui ne se limiterait plus à offrir des liens après une requête à partir de mots clés, mais il contextualiserait ces réponses en fonction du profil de l’internaute.

Le Cloud Computing ou informatique dans le nuage consiste à déporter sur des serveurs distants des stockages et des traitements informatiques habituellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste de l’utilisateur. Elles sont ensuite stockées et accessibles depuis n’importe où, à la condition d’avoir une connexion internet. Il pourrait presque être qualifié de libre-service de données et de ressources informatiques. Toutes ces nouvelles adaptations des services du World Wide Web risquent de s’accompagner d’une croissance du nombre de cyberdélinquants capables d’utiliser les outils mis à leur disposition par la société de l’information à des fins de profits. 1 Souvent l’ordinateur et le Smartphone

Quelles seront les formes de la cybercriminalité qui risquent de sévir dans l’univers numérique et le Web de demain ? Comment la lutte contre cette cyberdélinquance pourrait-elle s’organiser face à une masse d’information aussi imposante ?

Le développement du Web 3.0 et du Web 4.0 ou plutôt de l’Internet des objets et du web sémantique risque d’être accompagné de l’évolution de la criminalité. En effet, ce développement s’accompagne d’une modification du comportement du cybercriminel. Face à une société qui s’appuie sur les réseaux de l’information, les atteintes et les intrusions dans les STAD risquent d’être nombreuses (I), tout comme les infractions liées à l’usage de l’Internet des objets (II), ou encore celles qui s’appuient sur l’architecture du Cloud Computing (III). On risque également d’assister à l’apparition de nouvelles formes d’infractions sur les réseaux informatiques (IV). Afin de renforcer la confiance des utilisateurs dans ces transformations majeures d’Internet, ces dernières devront s’appuyer sur des moyens de prévention et de lutte contre la cybercriminalité renforcés (V).

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Adam Lamzourhi

Passionné de nouvelles technologies et de toutes les problématiques juridiques relatives à l’évolution d’internet.

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