Interview de Willy Duhen, promotion 2008

Willy Duhen est un ancien étudiant de la promotion 2008 du Master 2 NTSI. Préparant aujourd’hui une thèse en droit des nouvelles technologies, responsable juridique d’une start-up, blogueur et futur consultant, il nous raconte son expérience du M2.

Propos recueillis par Pierre-Camille Hamana.

Bonjour Willy, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pour commencer, peux-tu nous présenter ton parcours universitaire ?

Bonjour. C’est toujours un plaisir de consacrer un peu de temps aux étudiants du Master NTSI.

Mon parcours est atypique. Après un Bac Scientifique, j’ai fait une prépa littéraire avant d’atterrir à Panthéon-Sorbonne (Paris 1) où j’ai validé une licence de Philosophie et un Master 1 Recherche d’Histoire, Philosophie et Antropologie des Sociétés Antiques puis un M2 Recherche en Sciences Économiques, Sociales et Politique à Paris-Dauphine. En parallèle, j’ai validé un Master 1 de Droit et Pouvoirs Publics à l’université Paris-Ouest (Nanterre) et un M2 Pro de Droit et Pouvoirs Publics, spécialisé en Droit des Nouvelles Technologies et de la Société de l’Information.

Actuellement, je suis en Doctorat de Droit au sein du LID2MS (Laboratoire Interdisciplinaire de Droit des Médias et des Mutations Sociales – anciennement IREDIC) de l’université Paul Cézanne, Aix-Marseille III.

Quel est ton parcours professionnel ?

Depuis que j’ai eu mon bac, j’ai travaillé en parallèle de mes études, non pas par obligation, mais surtout par désir d’autonomie et développement professionnel. Outre vendeur de fleurs, j’ai exercé comme guide-conférencier, journaliste-pigiste, assistant d’éducation en lycée, attaché de recherche à la MSH (Maison des Sciences de l’Homme), etc.; je crois que j’en oublie…

En parallèle de la thèse, je suis Chargé de TD à l’université Paul Cézanne, Responsable Juridique de la société Autrement et je réalise aussi des prestations juridiques et techniques par le biais d’une structure que je développe: Legaletic.

Pourquoi avoir choisi le droit des nouvelles technologies ?

Ce n’est pas exactement le droit que j’ai choisi à l’origine, mais le secteur des médias. Tout en étudiant des matières littéraires pour devenir journaliste, je me suis rendu compte que le métier n’était pas celui que je voulais exercer. Du coup, je me suis orienté vers les enjeux stratégiques et juridiques du secteur des médias qui, à mon sens, sont au fondement du bon développement d’une entreprise ou d’une administration.

De plus, en autodidacte, je bidouillais des ordinateurs, des outils de développement… Je me suis alors concentré sur Internet lors de mon M2 à Dauphine, j’ai fait des recherches sur la sociologie des organisations et de la transformation des entreprises de presse par les NTIC. En complément, j’ai étudié le droit de ce secteur.

Qu’est-ce qui a notamment motivé ton choix pour le Master 2 Droit des nouvelles technologies de Nanterre ?

Justement, j’ai complété ce mémoire de M2 avec un autre en M1 de Droit sous la direction de Sylvia Preuss-Laussinotte sur le droit lié aux usages des Systèmes d’Information. Je me suis donc naturellement retrouvé dans le M2 Pro Droit et Pouvoirs Publics spécialité Nouvelles Technologies et Société de l’Information. Le fait que ce soit une formation créée par le Professeur Gilles Guglielmi, l’un des pionniers parmi les professeurs de droit public à utiliser et réflechir sur l’Internet, a aussi été déterminant dans le choix de cette formation.

Qu’est-ce qui te restera de cette expérience ?

Difficile à dire car la formation est très hétéroclite: entre les cours de droit public fondamental, les démonstrations techniques et technologiques, la cybercriminalité, les droits d’auteur, etc., il y a de quoi faire! La variété des matières permet de s’ouvrir à pas mal de questions fondamentales pour le droit des NTIC et c’est, à n’en pas douter, la force de ce M2, en comparaison à d’autres, plus centrés sur une dominante particulière.

Quels sont, selon toi, les points forts de cette formation ?

L’une des interventions qui m’a le plus apporté est celle de Catherine Prebissy-Schnall, maître de conférence en droit public, qui a réussi à mélanger le droit public pur et ses théories fondamentales avec l’émergence des questions de l’administration en ligne et des services publics dématérialisés. Les cours de Sylvia Preuss-Laussinotte sont aussi d’une grande aide car ils sont à la pointe de l’actualité sur le droit national et européen tant sur les questions touchant à la liberté d’expression, que sur la responsabilité sur Internet (LCEN) ou encore la loi de 1881, etc.

Tu es aujourd’hui doctorant en droit des nouvelles technologies à l’Université Paul Cézanne – Aix-Marseille III. Pourquoi ce choix après un master professionnel ?

Comme je te l’ai dit, j’ai aussi un M2 Recherche. Ceci étant, je suis jusqu’au-boutiste (la thèse est la finalité des études universitaires) et l’intérêt de mon sujet de recherche m’a motivé pour m’inscrire en doctorat. Je travaille sur la responsabilité extra-contractuelle des acteurs de la communication au public en ligne, avec des aspects définissant un schéma régulateur par la responsabilité.

Je suis allé à Aix-en-Provence pour travailler avec une équipe très performante composée d’universitaires renommés comme le Professeur Jean Freyssinet, pionnier du droit de l’Internet et des NTIC, ou encore le Professeur Hervé Isar. Ils m’ont proposé une charge de travaux dirigés, en Master 1: droit de la culture, droit de la communication audiovisuelle, en plus des TD de Licence…

La thèse est assez compliquée à mener, car il y a beaucoup d’activités autour: TD, corrections d’examens, surveillances, engagements envers le centre de recherche, participation à des colloques, publication dans des revues scientifiques, etc., comme je le raconte avec légèreté (et officieusement) dans le Journal d’un Thésard.

Que dirais-tu aux futurs candidats au Master 2 Droit des nouvelles technologies de Nanterre ? A ses étudiants ?

Internet et les nouvelles technologies offrent des opportunités juridiques multiples qui sont vouées à des discussions sociétales très vives, à de grandes incompréhensions et qui réforment une partie de l’organisation sociale de communication. Le droit de cette branche se développe, mais son importance n’a pas encore été totalement prise en compte par les entreprises. Sachant cela, gardez à l’esprit que ce M2 est avant tout une formation juridique, formant des juristes ou des avocats généralistes avec une spécialisation. Ainsi, dans n’importe quel poste, vous aurez à travailler le droit des contrats, le droit social, le droit des affaires ou encore le droit des marchés publics qui sont à la base de la profession.

Bon courage pour la fin de vos études et merci de m’avoir accordé ces quelques lignes.

Vous pouvez retrouver Willy Duhen sur Twitter, Identi.ca, Viadeo, LinkedIn et Legaletic.

Article publié le 17 janvier 2010