Mémoire « Internet permet-il d’émanciper les producteurs des industries culturelles des circuits classiques de distribution ? »

En 2005 le Nouvel Observateur, dans son édition du 3 fevrier 2005 titrait « L’appel des artistes contre les pirates du net: libérez la musique ».  Trois ans plus tard, ce constat alarmiste est toujours le même puisque, sans entrer dans une longue revue de presse, le même épouvantail (le téléchargement illégal) est toujours la cause de la crise de l’ensemble des acteurs l’industrie culturelle (par exemple, pour la location en vidéoclub, le chiffre d’affaires aurait baissé de 50% par rapport à 2004).

De plus, avec les mauvais chiffres présentés par le Syndicat national de l’édition phonographique, l’industrie du disque semble elle aussi menacée.

Dès lors, des groupes de pressions et des syndicats pour défendre ces industries produisent statistiques et sondages démontrant la réalité de cette crise: selon l’ALPA (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle), il y aurait en France autant de téléchargements illégaux que d’entrées payées au cinéma. Il y aurait ainsi ces huit derniers mois, une moyenne de 14 millions de téléchargements illégaux de films en langue française  par mois.

Cela représenterait un danger grave d’après Frédéric Delacroix, le directeur général de cette association: « nous sommes face à un phénomène majeur qui peut mettre en péril l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel ».

Sans ajouter au drame ambiant, il convient dès maintenant de préciser le phénomène : c’est plus une inadaptation et une incompréhension de ces industries et auteurs face à une mutation technologique, qui fondent les principales raisons de cette crise. En effet ces évolutions techniques ont plus été subies que voulues, ou même imaginées, par les industriels d’alors.

Ils ont surtout étés surpris et pris de vitesse par de nouveaux concurrents. Car  les secteurs de l’industrie culturelle ne sont pas touchés de façon égale par la mutation de leur environnement technologique, et certains secteurs de la production indépendante comme de la diffusion de contenus sur internet se portent bien.

C’est pourquoi nous essaierons modestement de comprendre quelles sont les conséquences des évolutions induites par l’apparition des nouveaux médias sur le modèle traditionnel de l’industrie culturelle.

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