Microsoft tente de satisfaire la commission européenne

Microsoft, qui a été condamné pour abus de position dominante en mars 2004, vient de proposer aux développeurs un accès sous licence à des parties du code de Windows. La commission européenne avait condamné Microsoft pour abus de position dominante en mars 2004 et lui infligeait une sanction pécunière record de 497 millions d’euros. Elle reprochait au groupe de ne pas communiquer aux développeurs une documentation suffisament complète et adéquate correspondant aux protocoles de communication du système d’exploitation. Son objectif est d’assurer une interopérabilité maximale entre les PC et serveurs sous Windows avec les autres systèmes.

Depuis lors, Microsoft livre aux développeurs une documentation technique de 12000 pages sur le sujet, et leur propose 500 heures de support technique par téléphone. En décembre, un mandataire chargé par Bruxelles d’examiner la situation a estimé que cette documentation demeurait inadéquate et incomplète, et que Microsoft devrait répondre à ces accusations au plus tard au 25 janvier 2006.

Microsoft a annoncé hier qu’il proposerait, sous licence, des API sur les protocoles de communication de Windows. Les API sont constitués de morceaux de code source du programme et permettent aux développeurs de mieux connaître le fonctionnement des protocoles. Microsoft espère ainsi satisfaire la Commission Européenne.

C’est là un choix judicieux de Microsoft, qui esquive le sujet et ne donne pas ce qui lui est demandé, à savoir une documentation fonctionelle et intelligible pour les développeurs, ce qui permettrait d’assurer une interopérabilité effective des systèmes réseau. Selon des développeurs, ces API ne solutionnenent pas le problème du manque d’informations et ne permettraient toujours pas de comprendre le fonctionnement de certains protocoles.

En outre, les morceaux de code que Microsoft souhaite livrer sous licence payante en Europe sont déja disponibles aux Etats Unis et couramment utilisés par les développeurs américains d’utilitaires système par exemple (Symantec, WinInternals).

C’est aussi une nouvelle opportunité commerciale pour la firme de Redmond, qui reste maître de toutes les clauses du contrat de licence avec les développeurs européens, et pourra leur imposer son bon vouloir et ses tarifs.

En faisant cela, le groupe clame sa bonne volonté de se mettre en conformité avec la décision de la Comission Européenne, et espère infléchir les ardeurs des Eurocommissaires, ce qui ne sera peut-être pas si facile. Si la commission ne s’estime pas satisfaite, Microsoft pourra exercer un recours devant la Cour de Justice de la Communauté Européenne. Sources : Slashdot, ZDnet France, Libération

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