Petit descriptif de l’ICANN suite à l’intervention d’un de ses membres

Création et histoire d’internet

Avant de présenter ce que peut être l’ICANN aujourd’hui, il faut d’abord rappeler comment est né internet.

Le département de la défense américaine voulait permettre aux réseaux militaires de résister à une attaque nucléaire et de continuer à fonctionner entre eux même si un nœud était détruit. Ils ont donc chargé des universitaires de travailler dessus : l’ARPA commence ses recherches. Le 21 novembre 1969, le premier lien ARPANET est établi entre l’Université de Californie à Los Angeles et le Stanford Research Institute. Le réseau ARPANET devient alors le cœur du réseau internet que nous connaissons aujourd’hui. Le développement d’ARPANET fut mis en place dans une norme RFC, toujours utilisés de nos jours pour proposer et distribuer les protocoles et système Internet. Le 1er janvier 1983 les protocoles TCP/IP devenaient officiellement le seul protocole sur l’ARPANET.

A l’origine le réseau ARPANET n’avait aucune vocation à devenir commercial puisqu’il était destiné à relier les universitaires d’un coté et de l’autre l’armée. (Réseau MILNET). Dans les années 1980, les connexions se sont étendues à de nombreuses institutions éducatives ainsi qu’à un nombre croissant de sociétés telles que Digital Equipment Corporation et Hewlett-Packard, qui participaient aux projets de recherche ou offraient leurs services aux connectés.

Une autre partie de l’Administration américaine, la National Science Foundation (NSF), s’impliqua largement dans la recherche et commença le développement du successeur de l’ARPANET. En 1984, ceci aboutit au premier réseau étendu conçu spécialement pour l’utilisation du TCP/IP. Celui-ci s’agrandit au travers de la dorsale Internet NSFNet, mise en place en 1986, qui avait pour but de raccorder et fournir l’accès à un certain nombre de centres de superordinateurs mis en place par la NSF. C’est à ce moment la que le terme internet à commencé à apparaître.

Les ancêtres de l’ICANN :

Il a très vite fallu une entité pour résoudre les problèmes posé par l’extension du réseau. C’est en 1972 que la NIC transfère la gestion de ces problèmes à l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority) qui fût dirigée par Jon Postel (universitaire, Il était aussi depuis les années 70 déjà chargé de s’occuper de l’édition des RFCs) jusqu’à sa mort en 1998. Son rôle était la gestion de l’espace d’adressage IP d’Internet, et des autres ressources partagées de numérotation requises soit par les protocoles de communication sur Internet, soit pour l’interconnexion de réseaux à Internet.

Au tout début de l’internet, Arpanet se contentait des numéros IP, mais avec l’évolution importante du réseau et même avec le système d’allias, ce système devint très lourd et facteur d’erreurs. En 1983, Jon Postel, après être devenue officiellement IANA, propose la création des noms de domaine. Après plusieurs évolutions le programme BIND de Kevin Dunlap va stabiliser le dispositif qui sera consacré en 1987 par les RFC1034 et 1035.

La gestion des noms de domaine devient automatique et les domaines nationaux vont être confiés à des entités nationales. Cependant Jon Postel reste le responsable technique, administratif et l’autorité de recours et le restera jusqu’à sa mort.

Création de l’ICANN :

Cependant ce système commence à montrer ses limites et la suprématie de Jon Postel commence à être remise en cause. C’est pourquoi en 1998, à la suite de réunion internationale inspirée par Bill Clinton (président des états unis en exercice), l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) est créée. C’est une société à but non lucratif de droit californien qui a pour mandat de coordonner les noms de domaines, les adresses IP. On remarque ainsi que son mandat est très limité. C’est à cause du Lobbying des entreprises qui avaient pris le pas sur internet que l’ICANN n’a pas eu une gestion intergouvernementale mais est une société à but non lucratif. Au départ le gouvernement américain avait promis une enveloppe de 385 000 dollars. Cependant cette somme n’a jamais été versée et pour démarrer l’ICANN dut emprunter aux entreprises du monde des télécoms à taux zéro pour mettre en place ses infrastructures. Toutes ces sommes empruntées n’ont pu être remboursées totalement qu’il y a deux ans. Aujourd’hui le financement de l’ICANN s’effectue par les noms de domaines et par le bénévolat d’un grand nombre de personnes qui travaillent à l’ICANN. L’ICANN a créé une sorte de LABEL pour les registrar qui vendent des noms de domaines et c’est ce LABEL qui finance aujourd’hui l’organisation. Gandhi, le registrar Français le plus connus, est accrédité par l’ICANN à le faire.

Les noms de domaines en .org, .com et .net sont aujourd’hui les seuls que l’ICANN fait payer, pour les autres se sont les registrar qui décident des prix, chaque année, et ce comme une donation.

L’ICANN à d’ailleurs depuis sa création récupéré un des 13 serveurs racines.

Missions de l’ICANN :

Les missions de l’ICANN comme on peut le lire sur le site officiel (http://www.icann.org/ ) sont essentiellement techniques et consistent a « allouer l’espace des adresses de protocole Internet (IP), attribuer les identificateurs de protocole, gérer le système de nom de domaine de premier niveau pour les codes génériques (gTLD) et les codes nationaux (ccTLD), et assurer les fonctions de gestion du système de serveurs racines », mais aussi d’un point de vue plus général de gouvernance de l’internet elle a pour mission « en tant que partenariat public-privé, de préserver la stabilité opérationnelle d’Internet, de promouvoir la concurrence, d’assurer une représentation globale des communautés Internet, et d’élaborer une politique correspondant à sa mission suivant une démarche consensuelle ascendante ».

Même si son indépendance par rapport au gouvernement américain est normalement un des enjeux du fonctionnement de l’ICANN, comme on le verra avec sa composition, l’organisation doit cependant effectuer un rapport annuel sur ses activités auprès de ce même gouvernement.

Fonctionnement et composition :

Aujourd’hui les seuls membres de l’ICANN qui sont rémunérés sont ceux qui appartiennent à l’« ICANN staff ». Ils sont au nombre de 100 sur plusieurs milliers de personnes qui travaillent ou contribuent au fonctionnement de cette organisation.

Comme on peut le voir sur cet organigramme du site officiel de l’ICANN, le gouvernement des Etats-Unis n’y a aucune place, à part peut-être dans le « gouvernemental advisory commitee » au même titre que n’importe quel autre pays. Cependant certaines personnes ont tendance à dire que le gouvernement américain plane sur les prises de décisions de l’ICANN. Ce qui est aujourd’hui sur c’est que diplomatiquement les américains soutiennent très bien cet organisme d’autorégulation et s’opposent systématiquement à la création d’un organisme de régulation intergouvernemental.

Gestion des IP et des noms de domaines :

L’ICANN lors de sa création à repris l’héritage de Jon Postel. Celui-ci, quand il était encore le seul maître, a alloué des blocs entiers d’adresses IP à des sociétés commerciales comme HP sans se rendre compte qu’avec le développement d’internet on aurait un jour besoin de ses adresses. Aujourd’hui, l’ICANN à beaucoup de mal à savoir ou se trouvent ses blocs qui ont été accordés par Jon Postel. C’est l’un des principaux problèmes que l’ICANN doit résoudre. C’est aussi l’ICANN qui est à l’origine du passage de l’IPv4 à l’IPv6.

Jon Postel avait attribué des noms de domaines à tous les territoires sauf pour celui de la Palestine. En effet la création et l’attribution de noms de domaines se fait en fonction de la notion de territoire. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’on un nom de domaine pour Martinique qui est un territoire d’outre mer. Aujourd’hui avec la création du .eu, l’Europe est donc considérée par l’organisation comme un territoire.

L’ensemble des noms de domaines qui existent et leurs correspondances par pays sont accessibles sur le site officiel de l’ICANN.

Bibliographie :

http://www.icann.org/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Internet_Corporation_for_Assigned_Names_and_Numbers

Anne-Gaëlle LEFEBVRE

Tweet about this on TwitterShare on Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.